La neurologie figure parmi les douze orientations thermales conventionnées par l’Assurance maladie, mais elle reste largement méconnue des patients comme des prescripteurs. En 2026, le remboursement des cures thermales est officiellement maintenu, y compris pour cette orientation. Quels soins sont couverts, à quel taux, et pour quelles pathologies neurologiques une cure thermale présente-t-elle un intérêt thérapeutique réel ?
Cure thermale en neurologie : orientation conventionnée et pathologies ciblées
Parmi les douze orientations reconnues par l’Assurance maladie (rhumatologie, phlébologie, dermatologie, voies respiratoires, etc.), la neurologie occupe une place à part. Elle concerne un éventail de pathologies qui bénéficient mal des seuls traitements médicamenteux sur le long terme : séquelles d’accidents vasculaires cérébraux, neuropathies périphériques, séquelles de traumatismes crâniens, ou encore sclérose en plaques.
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Peu de stations thermales en France proposent cette orientation. Lamalou-les-Bains, dans l’Hérault, est la référence historique. Cet établissement a développé un programme structuré dédié à la sclérose en plaques, créé à l’initiative d’une patiente concernée, combinant balnéothérapie, rééducation en piscine thermale et accompagnement pluridisciplinaire.
Ussat-les-Bains, en Ariège, et Néris-les-Bains, dans l’Allier, comptent parmi les autres stations agréées en neurologie. Le nombre restreint d’établissements explique en partie la faible visibilité de cette orientation par rapport à la rhumatologie, qui concentre la majorité des prescriptions thermales en France.
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Prise en charge Sécurité sociale d’une cure thermale neurologie : taux et forfaits en 2026
Le cadre de remboursement d’une cure thermale en neurologie est strictement identique à celui des autres orientations. La cure doit être prescrite par un médecin, durer 21 jours (soit 18 jours de soins effectifs), et se dérouler dans un établissement thermal conventionné.
Le tableau ci-dessous synthétise les postes de prise en charge et les conditions associées :
| Poste | Prise en charge Sécurité sociale | Condition |
|---|---|---|
| Soins thermaux (forfait thermal + honoraires médicaux) | 65 % du tarif conventionnel | Prescription médicale + accord préalable CPAM |
| Soins thermaux – ALD / maladie professionnelle | 100 % du tarif conventionnel | Reconnaissance ALD ou maladie professionnelle en lien avec la cure |
| Transport | 65 % sur la base du billet SNCF 2nde classe | Ressources inférieures au plafond fixé par décret |
| Hébergement | Forfait plafonné, sous conditions de ressources | Ressources inférieures au plafond fixé par décret |
Un point à retenir : les patients en affection longue durée bénéficient d’un remboursement à 100 % des soins thermaux. La sclérose en plaques, par exemple, est reconnue comme ALD. Les frais de transport et d’hébergement restent soumis à la déclaration de ressources dans tous les cas.
Le reste à charge pour le curiste
Hors ALD, le reste à charge sur les soins thermaux représente 35 % du tarif conventionnel. À cela s’ajoutent les frais réels d’hébergement et de transport au-delà du forfait pris en charge. Une complémentaire santé peut couvrir tout ou partie de ce différentiel, selon les garanties souscrites.
Débat sur le déremboursement des cures thermales : ce que 2025 a tranché
L’année 2025 a été marquée par une forte incertitude autour du thermalisme. Un projet d’amendement au budget de la Sécurité sociale envisageait un déremboursement partiel des cures thermales. L’Assemblée nationale a massivement rejeté cet amendement, confirmant le maintien de la prise en charge pour 2026.
Ce vote traduit un soutien politique explicite au thermalisme comme composante du panier de soins remboursés. En revanche, la question de la légitimité scientifique des cures reste ouverte. Plusieurs voix dans le débat parlementaire ont souligné la nécessité d’évaluations cliniques plus rigoureuses, notamment sur les orientations moins prescrites comme la neurologie.
Pour les patients neurologiques, ce maintien du remboursement a une portée concrète. La cure thermale reste un complément thérapeutique accessible financièrement, en particulier pour les pathologies chroniques où les alternatives médicamenteuses atteignent leurs limites.
Neurologie thermale : bénéfices concrets et limites à connaître
La cure thermale en neurologie ne remplace pas un traitement de fond. Elle intervient comme un soin complémentaire, avec des bénéfices documentés sur plusieurs plans :
- Amélioration de la mobilité et de la souplesse articulaire grâce à la balnéothérapie en eau thermale chaude, qui facilite le travail musculaire sans contrainte mécanique excessive
- Réduction de la spasticité et des douleurs neuropathiques, observée chez les patients atteints de sclérose en plaques suivant des programmes dédiés comme celui de Lamalou-les-Bains
- Effet de rupture avec le quotidien et accompagnement pluridisciplinaire (kinésithérapeutes, médecins thermaux), qui contribuent à une meilleure observance thérapeutique au retour
Les limites sont tout aussi réelles. Les effets d’une cure s’estompent en quelques mois. La récurrence annuelle est souvent nécessaire pour maintenir les bénéfices, ce qui implique un engagement logistique et financier significatif. Par ailleurs, toutes les pathologies neurologiques ne relèvent pas du thermalisme : les affections neurodégénératives avancées, par exemple, nécessitent avant tout un suivi hospitalier spécialisé.
Comment obtenir la prescription pour une cure en neurologie
Le médecin traitant ou un neurologue peut prescrire la cure. Le formulaire de demande de prise en charge (cerfa) doit mentionner l’orientation « neurologie » et la pathologie motivant la prescription. La CPAM dispose ensuite d’un délai pour accorder ou refuser la prise en charge. Une fois l’accord obtenu, le curiste choisit son établissement et sa période de cure parmi les stations agréées.
- Consulter son médecin traitant ou neurologue pour évaluer la pertinence d’une cure thermale
- Remplir le formulaire cerfa de demande de prise en charge avec l’orientation « neurologie »
- Transmettre le dossier à la CPAM et attendre l’accord avant de réserver
- Choisir une station thermale agréée en neurologie (Lamalou-les-Bains, Néris-les-Bains, Ussat-les-Bains)

Le thermalisme en neurologie reste une option sous-utilisée en France, alors que le remboursement par la Sécurité sociale est confirmé pour 2026 dans les mêmes conditions que les années précédentes. Pour les patients atteints de pathologies chroniques comme la sclérose en plaques, la cure thermale offre un cadre de soins complémentaire dont l’accès financier dépend largement du statut ALD et du niveau de couverture complémentaire.

